PYRALE DU BUIS... Nous devons réagir vite

 

La pyrale du buis est un papillon originaire d’Asie orientale (Chine, Corée, Japon, etc. Son nom scientifique est cydalima perpectalis. En Europe, il a été observé pour la première fois en Allemagne où il a sans doute été introduit accidentellement par des plants importés de Chine en 2006. En 2007, cet insecte a gagné la France par l’Alsace. Aujourd’hui, sa présence est constatée sur la presque totalité du territoire métropolitain. Sa prolifération en Europe s’explique essentiellement par l’absence de prédateurs naturels et par les hivers doux que nous connaissons depuis quelques années. En fait, c’est surtout sa chenille, qui est responsable des dégâts spectaculaires occasionnés sur les buis et plus spécialement sur le buxus sempervirens rodundifolia, le buis à feuille ronde.

Cycle biologique de la pyrale du buis

Les œufs pondus à l’automne par les papillons, donnent naissance à des petites chenilles qui restent logées durant l’hiver dans des cocons. Début mars, elles sortent d’hivernage et commencent à s’alimenter. La chenille adulte mesure de 35 à 40 mm de long. Elle a une tête de couleur noire, un corps vert clair avec des rayures longitudinales et des picots verts foncés. Elle se déplace à l’aide de dix fausses pattes abdominales. Au bout d’un mois environ, la chenille se transforme en nymphe, pour devenir un papillon quelques semaines plus tard. Celui-ci est exclusivement nocturne avec une envergure moyenne de 40 mm. Ses ailes sont blanches bordées de brun. En France trois générations de papillons vont prendre leur envol entre le début de l’été et la fin de l’automne. Pour se reproduire, ils vont chercher de nouveaux pieds de buis.

Comment détecter les ravages de la pyrale du buis ?

L’infestation n’est pas toujours facile à détecter. Dès la fin de l’hiver, il faut écarter les touffes de buis et observer l’intérieur, ainsi que les côtés. Cette opération est à renouveler régulièrement jusqu’à l’automne. Si certains rameaux dépérissent ou que des chenilles sont déjà présentes sur les feuilles extérieures, alors il faut agir vite !

Avec quoi et comment traiter le buis ?

Il n’y a pas de traitement préventif, excepté l’usage de filets anti-pyrale. Si les buis sont peu nombreux et de petite taille, il est possible d’enlever les chrysalides et les chenilles à la main, en les faisant tomber au sol, en secouant les buis. Il existe également des pièges à phéromones pour capturer les papillons mâles. Ces solutions restent cependant aléatoires et coûteuses. Les insecticides à base de pyrétrinoïdes ne sont pas forcément très efficaces. Ils ont également l’inconvénient de ne pas être sélectifs et ils peuvent avoir un impact sur l’environnement. La lutte microbiologique est le moyen de traitement le plus efficace, en utilisant des produits que l’on trouve facilement en jardinerie à base de bacillus thuringiensis Kurstaki. Cette bactérie une fois ingérée par les chenilles, bloque leur système digestif et les empêche de manger. Elles meurent alors en quelques jours. Ce traitement étant sensible aux UV, il est conseillé de l’utiliser en fin de journée en pulvérisant bien au cœur des buis et sous les feuilles. Il est prudent d’effectuer une seconde pulvérisation huit jours plus tard, car les œufs qui ne sont pas encore éclos ne sont pas touchés par la bactérie. L’arrosage (8 jours) après la fin du traitement avec jet d’eau puissant, permet de nettoyer les plantes en éliminant les feuilles sèches, les toiles, ainsi que les chrysalides. Les déchets des buis contaminés et les plants totalement défoliés doivent être brûlés ou détruits par un compostage soigneusement enterré.

Un adhérent M. Patrick Meiche             

 

pyralebuis-chenille.JPG    pyralebuis-adulte.JPG

Chenille                                              papillon adulte

pyralebuis-degats.JPG

Dégâts de la pyrale du buis

Retour à la page précédente